#ToujoursCharlie

Aux héros de ma jeunesse : l’équipe de Charlie Hebdo

Longtemps, j’ai été un lecteur avide de Charlie Hebdo.

Jusqu’en 1981, juste avant qu’il ne meure. Et à partir de 1994, quand il renaquit de ses cendres.

(En 1981, je me rappelle l’avoir acheté à Megève, la station de ski des gens riches, où nous passions chaque hiver une semaine avec mes grands parents. Le marchand de journaux était derrière le magasin de ski Gérard Pasquier, à quelques centaines de mètre de l’hôtel des Rothschild. Je l’avais fait par rébellion adolescente pour provoquer ma grand-mère. J’avais le sentiment de commettre un acte révolutionnaire.)

Je pourrais vous raconter mes souvenirs de dessins comme la Une géniale de Cabu juste après le 11 septembre 2001 avec le cri primal du trader dans la tour du World Trade Center.

La passion, aussi, que j’eus pour les éditos de Val (qui me fit découvrir Spinoza bien que je découvris, par la suite, qu’il était tout sauf spinozien).

Mon amour pour la chronique d’Oncle Bernard (Bernard Maris) et sa vision hétérodoxe de l’économie.

Mes souvenirs de lecture de la saga autobiographique de Cavana : Les Ritals, Les Russkoffs, Bête et méchant, Les yeux plus grands que le ventre.

(Savez-vous, à propos, pourquoi Cavana et Choron avaient sous-titré Hara-Kiri « Journal bête et méchant » ? Parce que toute la presse de l’époque se targuait d’être gentille et intelligente …)

Mon plaisir à contempler les courbes des femmes dessinées par Wolinski.

(Je me souviens que Wolinski était devenu quelques années durant le dessinateur en une de L’Humanité, le journal que lisait ma mère. C’était un autre temps : la France de Giscard et de la classe ouvrière.)

Mon bonheur à retrouver chaque semaine Maurice et Patapon, les animaux les plus déjantés de l’histoire de la bande dessinée.

(Chaque année, Charb dédicaçait ses livres à la Fête de l’Humanité. Je lui avais demandé de m’en faire une et m’étais inquiété auprès de lui : Comment faisait-il pour trouver l’inspiration ? En aurait-il toujours pour dessiner les aventures de ce chien et ce chat destroy et scato ? Il m’avait rassuré ! »)

Et tant de choses qu’un rien pourrait ranimer dans ma mémoire.

Un jour, cependant, de battre leur cœur s’est arrêté. Et le mien par la même occasion.

Si le leur s’est à jamais bloqué sur la date funeste du 7 janvier 2015, le mien saigne quand je pense à eux, leur génie, leur amour de la vie, leur bonté.

« Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes /

Ni l’orgue ni la prière aux agonisants /

Trois ans déjà que cela passe vite trois ans /

Vous vous étiez servi simplement de vos armes [des dessins] »

JC Heriche , le 7 Janvier 2018

PS : L’occasion de réécouter l’hommage de Louis Aragon et Léo Ferré aux « métèques », juifs et arméniens qui, les armes à la main, ont œuvré à ce que nous vivions dans une France libre, républicaine et laïque : L’affiche rouge.

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